Convecteur temporel

Article écrit par : Patrice Nadam
Première mise en ligne le 26 août 2022

Pas de voyage dans le temps sans un bon convecteur temporel. Les adeptes de la saga Retour vers le futur le savent bien et reconnaissent immédiatement cet appareil imaginé le 05/11/55 par Doc après une chute dans les toilettes.

On ne pouvait donc pas passer à côté pour notre prochain escape game réel en lien avec le voyage dans le temps. Une rapide recherche internet permet de trouver pléthore de tutoriels pour créer une réplique du convecteur temporel. Tutoriels que nous n’avons pas du tout suivis... D’abord parce que les modèles proposés sont trop volumineux pour nos besoins et surtout parce que ces derniers sont très spécifiques.

Dans notre jeu, le convecteur temporel est le dispositif qu’il faut activer pour pouvoir mettre en route le véhicule à voyager de temps [1]. Trois étapes sont nécessaires :

  • Enclencher l’interrupteur ;
  • Mettre quelques détritus à la poubelle ;
  • Placer trois objets spécifiques sur le dessus du convecteur.

La poubelle fait référence au Mr Fusion Home Energy Reactor qui apparaît à la fin du premier film et qui remplace l’apport en plutonium comme source d’énergie. Quand les détritus sont ramassés et jetés dans le « réacteur », le game master clique sur une télécommande pour activer le relais correspondant à la seconde étape de l’activation du convecteur. L’utilisation de l’interrupteur-relais est détaillée dans l’article L’interrupteur-relais sans fil, truc de magicien.

Les trois objets, quant à eux, possèdent chacun un aimant permettant de fermer un circuit grâce à trois interrupteurs reed. Ce type d’interrupteur est présenté dans l’article Interrupteur magnétique.

Le circuit

Il s’agit en fait de deux circuits reliés entre eux par une carte Arduino. Le premier, constitué de l’interrupteur-relais et des trois interrupteurs magnétiques, envoie un signal à la carte programmable, ce qui déclenche alors l’allumage des diodes simulant les électrodes du convecteur temporel. Voici le matériel de base que nous avons utilisé :

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Une carte PCB pré-perforée double face facilite les connexions et les ramifications. Elle peut être remplacée avantageusement par un circuit imprimé. Il ne faut pas non plus oublier les fils électriques pour relier tout cela. L’ensemble du matériel revient à une trentaine d’euros sans compter le nécessaire pour réaliser le boîtier.

Le programme

Le programme est relativement simple. Après déclaration des variables et de l’état des diverses bornes de la carte Arduino, on teste toutes les secondes l’état ouvert ou fermé du circuit possédant les interrupteurs reed.

Si ce dernier est fermé, c’est-à-dire qu’on a appuyé sur le bouton de la télécommande et placé les trois aimants, alors on lance la boucle qui va allumer les diodes alternativement de plus en plus rapidement.

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Afin d’éviter les soucis liés aux flashes lumineux, on arrête le clignotement après trente cycles.

Mise en boîte

L’ensemble du montage est placé dans une boîte de dérivation de taille moyenne [3]. Une fenêtre est découpée dans le couvercle. Sa bordure est recouverte par un ruban de protection. Une plaque de plastique transparent (récupérée d’un ancien cadre photo) est collée du coté interne du couvercle.

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L’intérieur est constitué d’un compartiment à double-fond réalisé en contreplaqué à la découpeuse laser. La partie supérieure permet la fixation des « électrodes ». Elle sera peinte en noir. En dessous, trois séries de cinq perforations disposées en Y sont destinées à recevoir les diodes blanches.

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Les « électrodes » sont réalisées avec du matériel de récupération : des coudes de plomberie [4], de gros câbles électriques, des tubes à essais en plastique découpés à la bonne longueur et percés d’un fil métallique. Une partie des tubes est poncée pour les aplanir et dépolir la zone qui sera collée juste au-dessus des diodes. Un peu de peinture rouge et jaune permet de faire illusion en masquant les couleurs d’origine. L’extérieur du convecteur est bombé en gris-métallisé et paré de quelques étiquettes embossées rouges simulant la signalétique du modèle d’origine.

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Les composants électroniques sont reliés entre eux par de (trop) nombreux fils électriques et collés directement dans la boîte. Étant donnée l’épaisseur du plastique, nous avons dû acheter des aimants plus puissants que ceux vendus avec les interrupteurs reed. C’est l’occasion de se constituer un petit stock que nous comptons bien réutiliser dans d’autres mécanismes.

[1Dans notre cas, il ne s’agit pas d’une DeLorean, mais d’un bus de la RATP.

[2Nous avons choisi ce modèle pour son coté rétro.

[3Le modèle est identique à celui du valideur de bus utilisé à la montée.

[4Ici, des coudes en laiton Mâle/Femelle 3/8 (12/17) avec les bouchons permettant de les fixer sous la plaque de contreplaqué.